Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine se réunit ce lundi 4 août 2025. Au cœur des débats : la levée de la suspension du Soudan. Décision prise en octobre 2021, après un coup d’État militaire qui avait renversé le pouvoir civil. Depuis, Khartoum réclame une réévaluation. Sans succès. Mais cette fois, les circonstances ont changé.
En février, un nouveau bureau a pris les commandes du Conseil. Mahmoud Ali Youssouf, du Djibouti, a succédé au Tchadien Moussa Faki. Un Algérien occupe la vice-présidence. Changement de ton. Changement de cap. Les deux dirigeants affichent une position plus ouverte sur le dossier soudanais. Dès leur arrivée, ils ont promis un plan pour réintégrer le Soudan dans l’organisation.
Le contexte joue en faveur de Khartoum. En août, l’Algérie préside le Conseil. Alger, comme Djibouti, soutient la souveraineté du Soudan et reconnaît l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan comme seule autorité légitime. Une armée en guerre, depuis le 15 avril 2023, contre les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti.
Le 30 juillet, le Conseil a rejeté le « gouvernement parallèle » proclamé par les FSR quatre jours plus tôt. Il a appelé la communauté internationale à ne pas le reconnaître. Khartoum a salué cette prise de position. Sur le terrain, l’armée progresse. Les paramilitaires reculent. Acculés au Darfour et au Kordofan, ils sont loin de la capitale. La guerre entre dans une phase décisive.
Après près de quatre ans d’exclusion, le Soudan veut retrouver sa place « légitime » dans l’Union africaine. Cette fois, le vent souffle dans sa direction.


