L’ex-président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, ancien allié du chef de l’État, a fait volte-face et a critiqué le régime de la rupture. Il a notamment déploré la présence de prisonniers et d’exilés politiques.
Ce changement de position a provoqué des réactions. Certaines personnalités politiques le traitent d’homme sans conviction politique. Face à ces critiques, Claude Djankaki a pris la parole pour défendre Adrien Houngbédji.
Lire l’opinion de Claude Djankaki
Seuls les imbéciles ne changent pas dit-on. Pourquoi alors s’offusquer du constat fait, après un bilan des réformes ? Dans un discours lodateur il est loisible de constater à un moment donné un État saccagé, fragmenté, fragilisé descendu de son piédestal et tout est à refaire.
Mais, chemin faisant et à l’application des réformes, celui qui a fait cette analyse constate in fine que ce qui est saccagé, fragmenté et fragilisé l’est encore plus. Encore que, celui qui le dit a fait l’expérience de la prison et de l’exil.
Nous étions ensemble à la conférence nationale de février 1990. Comme par hasard, c’est encore en février, certainement hanté par le rapport général : plus jamais ça, présenté par feu Albert Tévoédjrè que le devoir de mémoire et de responsabilité l’oblige à reconsidérer sa posture.
Pourquoi vouloir le clouer au pilori pour son opinion ? L’idéal aurait été de faire tout au moins le point des prisonniers politiques et des exilés au moment où il faisait son premier discours. Le Chef de l’État a pourtant dit : même si on ne mange pas la route, la route fait manger. N’a-t-il pas évolué dans sa conception du développement de la route ?
Il est donc temps, de quitter cette posture extrémiste et jusqu’au boutiste, qui ne lui rend aucun service. Notre pays le Bénin est un chantier éternellement ouvert pour des générations qui se relaient à la tâche. Nul n’a le droit d’être orgueilleux.
Le succès, tout comme la modernité qu’on agite est comme une flamme de bougie. Il peut s’éteindre à tout moment.
Non à l’exclusion
Ensemble pour la patrie.
Dah Missigbè Djankaki III
Chef de la collectivité Ayatôvi-Ganmènou


