Corinne Amori Brunet prend les devants. Nommée en mai à la tête de la diplomatie béninoise par le président Romuald Wadagni, la ministre veut élargir le rayonnement international du pays. Son plan ? Réouvrir des postes clés et renouveler l’appareil diplomatique.
En 2020, sous Patrice Talon, le Bénin avait fermé 17 ambassades. Corinne Amori Brunet veut aujourd’hui corriger le tir. Pour combler ces vides sans alourdir les coûts, Cotonou mise sur de nouveaux consuls honoraires, surtout en Europe. Jusqu’ici, la seule ambassade béninoise du continent européen restait celle de Paris que la ministre a elle-même dirigée de 2023 à 2026.
Du côté de l’Afrique du Nord, le Bénin modifie aussi son ancrage. Jusqu’alors, la seule ambassade de la région se trouvait à Rabat. Cotonou ouvrira donc prochainement une représentation à Alger. Pourquoi ce choix ?
Les tensions diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie imposaient une présence dans les deux pays. Cette décision avait été initiée par l’ancien ministre Olushegun Bakari, désormais chargé du Tourisme et de l’Intégration africaine. L’ambassadeur algérien Ammar Hadjar, arrivé à Cotonou en mars 2026, a d’ailleurs présenté ses lettres de créance à Romuald Wadagni à la mi-juillet.
La ministre Corinne Amori Brunet cherche son remplaçant à Paris. Elle étudie plusieurs profils avec le chef de l’État. Romuald Wadagni privilégierait une personnalité issue de la société civile plutôt qu’un diplomate de carrière. La nomination officielle devrait intervenir très prochainement en Conseil des ministres.
D’autres postes attendent leurs titulaires. Au Brésil, le siège est vide depuis le rappel en 2025 de l’ancien ambassadeur Boniface Vignon. À Abuja (Nigeria), la représentation auprès de la Cedeao reste sans chef depuis le départ, en septembre 2025, de Paulette Marcelline Adjovi Yekpè.


