Réuni ce mercredi 4 novembre 2026 sous la présidence de Romuald Wadagni, le Conseil des ministres a acté la création d’un Fonds de Développement industriel doté de 100 milliards FCFA.
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I-1. MISE EN PLACE DU FONDS DE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL DU BÉNIN.
La dynamique d’industrialisation en cours au Bénin a généré des acquis indéniables ces dernières années, et fait émerger des filières qui n’y existaient pas. Ainsi en va-t-il de la chaîne textile-habillement, qui transforme désormais localement le coton produit sur le plan national, ou de la production de carreaux de céramique, illustrant la capacité de notre économie à traiter une matière première nationale jusqu’au produit fini.
Afin d’amplifier l’impact du secteur sur l’économie nationale, il convient d’élargir le tissu industriel en augmentant les filières prises en compte autant qu’en élargissant le périmètre géographique couvert, pour permettre aux entreprises d’atteindre un seuil critique à même de les aider à affronter la concurrence régionale et internationale.
C’est dans cette perspective que le Gouvernement a décidé de mettre en place le Fonds de Développement industriel doté d’un capital de 100.000.000.000 FCFA, dont la vocation est d’être un instrument financier dédié, capable d’apporter aux entreprises industrielles les fonds propres qui leur font défaut, de partager avec le système bancaire le risque du crédit d’investissement et de mettre à leur disposition un bâti industriel immédiatement exploitable sur l’ensemble du territoire national.
En tant que tel, il a pour objectif général d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale par l’industrialisation, et en faisant émerger une classe d’entreprises industrielles nationales de taille significative et de dimension internationale.
Spécifiquement, il vise à :
doter les entreprises industrielles nationales de fonds propres et de quasi-fonds propres de long terme, afin de leur permettre de porter des projets structurants dont le retour sur investissement excède l’horizon du crédit bancaire disponible ;
desserrer la contrainte de crédit qui pèse sur l’investissement industriel, en partageant avec le système bancaire le risque des concours de long terme, du crédit-bail d’équipement et du financement des exportations ;
réduire le délai d’implantation industrielle, en mettant à disposition des investisseurs un parc d’usines prêtes à l’emploi et réparties sur les pôles de développement territorial ;
accompagner l’émergence de champions industriels nationaux, capables d’atteindre une taille critique, de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales et de porter le nom du Bénin sur les marchés internationaux ;
assurer la diffusion territoriale de l’industrialisation, en portant l’effort industriel au-delà du périmètre des zones existantes, au plus près des bassins de production de matières premières.
Pour en garantir l’efficacité, le Conseil a décidé que le Fonds sera doté d’une gouvernance conforme aux meilleures pratiques internationales en matière de fonds publics d’investissement et interviendra au moyen de trois guichets, dont les métiers, les instruments et les horizons sont distincts mais dont l’action est coordonnée au service d’un même objectif.
Ce sont :
le guichet « Bénin Industrial Invest » (BII), pour accompagner les entreprises dans la durée via des instruments financiers adaptés ;
le guichet « Facilité de Garantie Industrielle » (FGI), pour le partage du risque bancaire par la mise en place d’une facilité de garantie mobilisable auprès des banques et des sociétés de crédit-bail partenaires ;
le guichet « Usines Prêtes à l’Emploi » (UPE) pour le déploiement d’un programme national d’usines clés en main sur les pôles territoriaux de développement avec une réduction significative du délai d’implantation industrielle.
Les ministres chargés de l’Économie et des Finances, de l’Industrie et de la Promotion de l’Investissement privé, sont instruits à l’effet de prendre toutes les dispositions nécessaires à la formalisation et à l’opérationnalisation de la société qui porte ledit Fonds dont les statuts ont, par ailleurs, été approuvés.


