En République démocratique du Congo, l’Assemblée nationale a autorisé, dimanche 15 juin 2025, l’ouverture de poursuites judiciaires contre le ministre de la Justice, Constant Mutamba. Réunie à huis clos, la chambre basse du Parlement a massivement voté en faveur de cette décision. Sur 363 députés présents, 329 ont donné leur feu vert au procureur général près la Cour de cassation. Cette autorisation ouvre la voie à un procès et devrait entraîner la démission du ministre, conformément à la législation congolaise.
Constant Mutamba, 37 ans, est mis en cause dans un dossier de détournement présumé de deniers publics lié à un projet de construction d’une prison à Kisangani, dans le nord-est du pays. Il est accusé d’avoir transféré 19 millions de dollars à une société privée, dans le cadre d’un contrat gré à gré de 29 millions de dollars, alors que 65 % des fonds avaient déjà été débloqués, bien au-delà de la limite de 30 % fixée par la loi sur les marchés publics. Le contrat, de surcroît, n’avait pas été approuvé par la Première ministre.
Les investigations ont révélé que la société bénéficiaire, décrite comme une entité fantôme sans adresse, personnel ni expérience avérée, aurait pu servir de paravent à un détournement si la Cellule nationale des renseignements financiers n’avait pas gelé les fonds à temps. De plus, selon le rapport adopté par les députés, le site prévu pour accueillir la prison n’existerait même pas.


